LES ACTUALITÉS DE PRAGMATY

9/10/2013 | événement

Participation de Pragmaty au 3° forum des EntrepreneurEs d’Aquitaine

Annie Cattan, directrice associée de Pragmaty, a participé lors du 3° forum des EntrepreneurEs d’Aquitaine à une table ronde sur le thème « Collaborer : gestion et management collaboratif » avec deux dirigeants de start ups de l’économie numérique et une manager de la Lyonnaise des Eaux.

Il a été question du co-management, mouvement de fond qui concerne toutes les entreprises -quelles que soient leur taille, leur niveau de structuration, ou encore leur ancienneté- et qui a été renforcé par différents facteurs : restructurations imposées par la crise, arrivée des nouvelles technologies, arrivée des nouvelles générations … Tout cela concoure à bousculer l’approche traditionnelle de l’entreprise, du moins telle qu’on la connaît en France.

Des tendances irréversibles en matière de management commencent à se démarquer, comme la transversalité, les réseaux ou communautés de savoir-faire, le fonctionnement en mode projet, et qui font aujourd’hui partie du quotidien de beaucoup d’entreprises, induisant de très profondes transformations dans les façons de faire.
La tendance naturelle est de travailler en silo. Or il devient de plus en plus rare dans une entreprise de pouvoir avancer en travaillant uniquement avec les personnes de son service, de son établissement. Il faut apprendre à fonctionner vite, à distance, en réseau, avec des personnes qui travaillent parfois à des milliers de kilomètres. D’où l’obligation de s’adapter à ce monde nouveau et incertain, d’acquérir de nouvelles compétences métiers, techniques, et aussi des compétences de savoir-être, pour fonctionner à distance, en réseau, en mode projet, avec des personnes qui ont une culture différente de la sienne.
Le fait nouveau c’est aussi l’arrivée dans les entreprises de nouvelles générations qui ont grandi avec les outils de connexion et de mobilité : des nouveaux arrivants qui maîtrisent parfaitement tous les outils dont on a parlé, déjà connectés en permanence dans leur vie privée, pour lesquels le fonctionnement en réseau est naturel. Ils discutent, font des projets et même des devoirs ensemble avec Facebook ou autres réseaux. C’est souvent plus facile pour eux de fonctionner en mode projet. Le défi des entreprises est aussi de réussir à faire bien fonctionner ensemble les générations qui ont des vécus très différents.

Le changement est par nature difficile et les freins sont variés : manque d’une vision claire de là où on veut nous amener et donc crainte de l’inconnu, crainte d’y perdre, crainte de ne pas avoir les compétences, crainte de perdre du pouvoir, crainte de devoir reconstruire des routines …
Il peut paraître plus facile de fonctionner en silo avec des personnes qui se connaissent, une hiérarchie claire, des responsabilités moindres. Fonctionner en mode projet, en réseau, oblige à la coresponsabilité, à l’engagement, à la transparence. Quelquefois des personnes peuvent avoir peur ou honte de dire qu’il leur manque des compétences, à commencer par les compétences linguistiques (exemple de l’enquête menée auprès des cadres internationaux d’une grande entreprise qui comprenaient moins de 50% de ce qui se disait dans une réunion).

Pourtant, il existe de très nombreux exemples de la puissance du fonctionnement en réseau. Citons le cas d’une communauté d’experts qui se mobilise pour résoudre à distance des problèmes, ou encore le fonctionnement en projet permettant le travail à distance et donc n’obligeant pas les gens à se déplacer tout le temps ou à déménager.
Bien sûr cela implique de définir et de partager des règles claires, et de préserver du temps pour se voir régulièrement pour entretenir la flamme de l’équipe, même à distance.

Pour conclure, l’impact du co-management dans l’univers des organisations est dynamisant, puissant mais épuisant. Il permet en s’affranchissant des distances, de fédérer les énergies, les idées nouvelles, les compétences où qu’elles se trouvent, et en cela il permet de disposer de bien plus de force que le fonctionnement en silo. En même temps il nécessite de négocier en permanence, de devoir convaincre, motiver puisqu’on ne peut plus dans ce type de fonctionnement compter uniquement sur l’autorité et la hiérarchie. Donc en cela il demande beaucoup d’effort, de compétences et de savoir être. Mais cet effort est largement compensé par la puissance d’une équipe projet, d’un réseau.