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7/07/2015 | Newsletter

Que vont devenir les DSI ?

L’IT demain : ruptures et nouveau modèle
Nous sommes dans une période de profonde mutation pour l’IT en entreprise. Et une période de réflexion voire d’inquiétude pour les Directions Système d’Informations : que sera leur rôle demain ? Quels seront leurs métiers ?

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Les tendances de fond qui bousculent les Directions IT
Aujourd’hui encore plus qu’hier, le Système d’Information constitue un levier majeur pour le business et la productivité collective :
• Produits et services connectés
• Expérience client en omnicanal, mobilité et nouveaux usages « apps »
• Dématérialisation des processus opérationnels, intégration des objets connectés
• Transformation de l’entreprise sur les façons de travailler et de manager : coconstruction, collaboration, agilité
• Entreprise connectée : à son écosystème, ses partenaires, ses fournisseurs, ses collaborateurs et bien évidemment à ses clients notamment à travers les réseaux sociaux
Autant d’enjeux à relever pour l’IT en termes d’innovation, de maîtrise des opportunités technologiques, de réponse aux attentes des métiers et du management.

Le cloud pour les infrastructures (IAAS et PAAS) induit une forte évolution pour les équipes techniques qui voient leurs activités naturelles être déportées vers des opérateurs cloud. Quel devenir pour ces techniciens ?
Les logiciels en mode SAAS (Software As A Service) représentent un fort potentiel d’innovation et d’enrichissement métier : flexibilité des solutions (approches try and buy /test and learn), rapidité de déploiement, investissement moindre à court-terme. L’offre SAAS s’étend maintenant au-delà des commodités et des logiciels de gestion, pour proposer des fonctionnalités cœur de métier.
Les métiers sont très attirés par ces solutions SAAS « prêtes » à l’emploi. Mais la DSI doit accompagner cette vague pour traiter les interactions avec le reste du SI, assurer son intégrité et protéger ses données.
La sécurité devient le levier pour accéder à ces opportunités technologiques. Il faut démystifier le cloud, il faut prendre en compte l’utilisation intensive des smartphones et adresser précisément les questions de protection des accès, des échanges, des données. L’enjeu pour l’IT est très fort sur la sécurité qui ne doit plus être vue comme une contrainte mais comme un moyen d’accéder à un monde ouvert, connecté et interactif.
Le phénomène de l’explosion des données : clients, produits, objets connectés, laisse envisager de formidables opportunités d’analyse (marketing personnalisé et contextualisé, analytique prédictive). La DSI a un rôle majeur pour structurer ces données, les traiter, les faire parler, les protéger.
Innovation : les grandes entreprises se tournent de plus en plus vers l’open innovation en se rapprochant de l’écosystème des start-up. Ces start-up peuvent apporter au SI des innovations très ciblées, différentiantes pour le business. La DSI doit être en veille permanente et doit savoir nouer des partenariats « winwin » avec ces start-up.
Une nouvelle concurrence au sein même de l’entreprise : Les utilisateurs s’emparent du sujet IT, ils disposent d’outils personnels souvent plus innovants et plus intuitifs que ceux de l’entreprise : les usages de la rue pénètrent la sphère professionnelle. L’offre SAAS se généralise et rend direct l’interface entre les métiers et les offres du marché. Le marketing devient un grand consommateur de données et se positionne fréquemment comme le dépositaire de la transformation digitale. Les data scientists surgissent dans l’entreprise et ont envie de créer des labs, des ilots d’experts non soumis aux contraintes IT.
Autant d’acteurs qui viennent fragmenter l’hégémonie de l’IT sur la technologie, et qui sont prompts à se confronter à l’IT si les réponses ne sont pas pragmatiques et rapides.

Le nouveau modèle de l’IT
Ces tendances constituent une vraie et forte rupture par rapport au modèle actuel des entités IT. Les DSI doivent se réinventer, doivent sortir de leur bunker, doivent affirmer un nouveau positionnement : renforcement de la relation avec les métiers, architecte de la transformation du SI vers l’omnicanal, agrégateur de services cloud, nouvelles compétences sur les technologies du web et du mobile, sur l’intégration des logiciels SAAS, sur l’intégration des objets connectés, sur les données, nouvelles façons de fonctionner avec les métiers : mode agile / DevOps.
Stratégie et Architecture : La DSI doit être le stratège du SI et doit jouer son rôle de conseil auprès des dirigeants. La stratégie business implique systématiquement des transformations du SI et les technologies apportent de nouvelles opportunités pour le business.
Les SI actuels ne répondent que très partiellement aux enjeux des nouveaux business models. Les transformations à mener sont lourdes à la fois pour enrichir fonctionnellement les systèmes et pour les rendre omni canal (les SI des entreprises historiques n’ont pas été conçus pour cela). La transformation vers l’omnicanal est une opération lourde qui consiste à créer une dynamique complète entre les différents canaux : un SI sans couture. C’est la vision architecturale qui va garantir la dynamique omni canal, et qui va délimiter précisément les composants à développer, à récupérer ou à acquérir.
La DSI doit être crédible sur les architectures et les feuilles de route pour atteindre les cibles définies.
Proximité avec les métiers : l’IT doit sortir de son modèle « centre de coût » pour réellement se positionner comme un acteur clé du business et de la productivité. A la fois « business partner » et « business enabler » sur les nouveaux usages, la mobilité, les données, les opportunités technologiques, et globalement l’innovation.
La clé pour cela : la collaboration, l’interaction, le maillage avec les métiers. Le clivage Maîtrise d’Ouvrage métiers / Maîtrise d’œuvre DSI n’a plus de sens. Les métiers, les utilisateurs doivent s’impliquer en direct. Et ils en ont envie et ils le font de plus en plus.
Les interprètes / facilitateurs / traducteurs sont les business analysts, profils hybrides aimant et comprenant le métier, aimant et comprenant l’IT. Il est important d’internaliser ces business analysts et d’en faire une vraie communauté à valeur ajoutée pour l’entreprise.
Simplification : la DSI doit intervenir sur la simplification des processus métiers à travers l’optimisation de l’usage des progiciels. Elle doit dans les grandes entreprises internationales simplifier le SI en développant une approche par gamme afin de ne pas multiplier les composants applicatifs : solutions limitées en nombre mais adaptées à des Business Units de différentes tailles / ambitions.
Capacités de développement agile : Pour les applications « end user », internes ou business, la DSI doit se doter de capacités de développement qui s’inscrivent dans une nouvelle typologie de projet et un nouvel état d’esprit :
• Forte proximité et interactivité avec les métiers
• Environnement nouvelles technologies : web, mobilité, apps,
• Nouvelles méthodes de programmation et intégration continue en production
• Vitesse comme premier critère : time to market, POC, démonstrateur, …
Cette approche doit permettre aux acteurs métiers de pouvoir rapidement mettre en production leurs initiatives digitales pour en tester le potentiel, vérifier le modèle économique et accélérer la mise à disposition pour les clients.
Valorisation de la donnée : les métiers prennent conscience que la donnée devient un véritable « asset » à fort potentiel : promotion de la marque, connaissance client, personnalisation et contextualisation, mise en valeur des produits et services, optimisation des processus opérationnels, analytique prédictive pour optimiser la production et supply chain, pour prévoir les ventes, pour calibrer les promotions, …
L’IT doit devenir un acteur clé du savoir-faire autour de la donnée et doit proposer de nouveaux services aux métiers : récupérer, stocker, structurer, segmenter, enrichir, valoriser les données. Tout cela dans le cadre d’architectures industrielles sécurisées.
Agrégation de services cloud : la DSI doit se transformer en « Cloud Services Broker » pour gérer les services Cloud (dont le SAAS) : les cas éligibles, le dimensionnement, le choix et la performance des services, la gestion de contrats d’un nouveau type (Unités d’œuvre, SLA, réversibilité, …).
Et doit garantir l’intégration des services cloud avec le reste du SI : insertion dans l’architecture, monitoring bout en bout du service, propriété et protection des données, sécurité des flux.

Un nouveau modèle et un nouveau positionnement
L’IT doit prendre un nouveau positionnement :
• Ouvrir des horizons business par de la veille sur les technologies et les nouveaux usages, par la stimulation de l’innovation
• S’intégrer très fortement dans l’ecosystème des métiers
• Augmenter l’agilité et le time to market, tout en conservant la fiabilité du SI et en maîtrisant la sécurité
• Optimiser les coûts en tirant partie du modèle cloud

Et une nouvelle posture basée sur des compétences réaffirmées : plus conseil et moins réalisateur, plus stratège et moins exécutant, plus partenaire et moins prestataire.

Pour plus d’informations, contactez Flavie Hocquet : flavie.hocquet@pragmaty.com