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Tendances
Comment faire des économies sur les coûts informatiques ?


Si la pression sur les coûts informatiques reste un défi permanent pour les DSI, le contexte de tension économique actuel réactualise la recherche de gains rapides. Mais sur quels leviers agir sans mettre à mal les fonctions vitales du SI, sans hypothéquer le développement futur des entreprises ?

Optimisation de la sous-traitance : c’est le gisement le plus fort et le plus immédiat d’économies. Pour autant, il ne s’agit pas de mettre une pression excessive sur les prix unitaires, ce qui présenterait des dangers sur la qualité des profils et des prestations, mais bien d’agir sur les modes de sous-traitance.
Les DSI utilisent encore beaucoup de ressources en mode régie, notamment pour les activités de Production et pour la gestion de patrimoine applicatif.

Deux voies d’optimisation existent :

Aller vers la sous-traitance au forfait : les responsables ont quelques difficultés à imaginer comment fonctionner autrement qu’en régie. Cela suppose en effet de projeter le besoin dans un contexte évolutif et de s’engager dans un partenariat à plus long terme avec les prestataires. L’optimisation de la sous-traitance doit être menée en parallèle avec l’optimisation du processus de la DSI. Par exemple, la séparation de la gestion du patrimoine applicatif et des projets permet la réduction des coûts sur la maintenance du parc applicatif. L’évolution des compétences internes dans le pilotage de prestations (TMA, centre de services, infogérance, …) est rapidement bénéfique.

Identifier les activités qu’il est nécessaire de conserver en interne ou de ré-internaliser : la sous-traitance à tout crin n’est pas forcément gage d’économie : le taux journalier interne peut s’avérer plus faible que le prix de certaines prestations. Par exemple, Il peut être judicieux de limiter l’appel à des consultants externes par les maîtrises d’ouvrage alors que les mêmes compétences existent au sein de la DSI. Cela suppose de partager, entre la DSI et les Directions métiers, une bonne compréhension des compétences nécessaires et d’envisager un fonctionnement suffisamment souple, de type mission ponctuelle

A
mélioration de l’efficacité individuelle : la bonne gestion des ressources informatiques internes représente, à périmètre d’activité constant, une importante source d’économies. Deux syndromes pèsent sur l’efficacité globale : des ressources qui s’auto-alimentent ou, à l’inverse, qui travaillent « au noir » pour les métiers ; c'est-à-dire en dehors du cadre contractuel, sur les sujets qui plaisent. L’amélioration de la productivité suppose donc l’existence d’un système de reporting d’activité pertinent pour mener de vraies actions de management : affectations, définition des objectifs, évaluations factuelles, contrôles…

La limitation des affectations des ressources trop multi-casquettes ou multi-activités renforce l’efficacité globale : moins d’agitation, plus de concentration sur l’essentiel, et plus de facilité à gérer la ressource pour le manager. Pour autant, il ne s’agit pas d’entraver la polyvalence des compétences qui reste une vraie richesse, gage de souplesse. Monter d’un cran sur le contrôle permet des gains de productivité pouvant atteindre facilement 10 à 15%. Cela ne doit pas pour autant conduire à augmenter le taux d’encadrement mais plutôt à renforcer les compétences de management.

O
ptimisation des processus  de la DSI : il s’agit de doper l’efficacité collective de la DSI en s’appuyant sur des processus supervisés et évalués.
Pour les projets, au-delà de la normalisation des processus et du développement des bonnes pratiques (ITIL, CMMI, …), les principaux facteurs de réduction des coûts des projets sont :
  1. La gestion d’un portefeuille projets, structuré pour permettre au DSI de rendre des arbitrages : une vision consolidée des projets, de leurs interdépendances et des  priorités métier.
  2. La réalisation d’études d’opportunité ponctuées par un vrai Go / NoGo (sans hésiter à arrêter ou reporter les projets dans le temps).
  3. Le renforcement du processus projet dans le cadre de la séparation projet / maintenance.
  4. La professionnalisation du métier de chef de projet à la fois sur  le respect des budgets, des délais et sur les sujets d’architecture.
  5. La mise en place de méthodes de développement agile reposant sur de nouveaux modes de coopération entre les ressources SI et les métiers ainsi que de nouvelles formes d’organisation projet.
  6. L’identification des sujets d’infrastructure qui nécessitent une gestion en mode projet.

Pour la maintenance, la mise en place de processus industriels (gestion des versions, abaques d’estimation, gestion du portefeuille de demandes, …) présente de nombreuses possibilités d’économie, en particulier si ces processus sont interfacés avec les activités de production (gestion des capacités, gestion des trains de mise en production, …).

Rationalisation du SI : quelques résultats très court terme mais surtout des résultats à 1,5 an à 2 ans, à l’issue des premiers projets.
Les « quick wins » se cachent derrière l’inventaire et la renégociation des multiples contrats de maintenance, de support, de licences en regard de l’utilisation réelle qui en est faite.

La rationalisation du SI obéit d’abord à un cadre d’urbanisation et à un business case qui montre le retour sur investissement ou les gains métiers ou les obligations de rénovation du SI  (ce que cela coûte de ne pas faire).  L’urbanisation progressive du SI facilite les nouvelles fonctionnalités, facilite l’acquisition et l’intégration des progiciels (via le référentiel maison) et minimise les coûts globaux, à la fois de projet et de maintenance.

La rationalisation du SI porte également sur les infrastructures matérielles et logicielles. Souvent les actions sur les infrastructures, sur le parc, sur la variété des technologies permettent d’obtenir rapidement des premières économies en particulier si elles sont portées et communiquées à travers une « tarification » interne des services fournis.

Réduction de la commande : l’idée est de maîtriser le flux de commande des métiers sans pour autant annihiler la capacité de l’entreprise à investir pour l’avenir. Axer les dépenses sur ce qui est essentiel  pour le devenir de l’entreprise, pour le développement de son business en sélectionnant les projets stratégiques et les maintenances porteuses de valeur ajoutée. La question de la sensibilisation et de l’éducation des clients est majeure et nécessite un véritable accompagnement pour passer d’une logique de DSI « centre de coût » à une DSI « centre de services ». Cette mutation cherche à limiter les réflexes qui consistent à systématiquement prendre en compte toutes les sollicitations des clients pour mieux se focaliser sur les priorités business.

Le diagramme des enjeux, le plan SI à 3 ans, la gestion du portefeuille projets, les études d’opportunité et le processus de qualification des demandes de maintenance, le catalogue de services sont les outils clés de la maîtrise de la commande et, au final, d’une bonne gouvernance du SI.

Figure : Quels leviers, pour quel niveau de gain, à quel horizon ?
Un gain de 20 à 30% sur les coûts peut être rapidement obtenu  (1 an environ) avec l’amélioration de la productivité, l’optimisation de la sous-traitance, la maîtrise de la commande client. Il faut plus d’un an pour obtenir des gains liés à l’optimisation des processus, et à la rationalisation du SI.



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